BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er octobre 2022

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM et présenté à l’échelle du bassin Adour-Garonne ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Le BSH du bassin Rhône-Méditerranée est par ailleurs disponible sur le SIE Rhône-Méditerranée.

Commentaire général au 07/10/2022 :
Le mois de septembre 2022 semble marquer la fin de l’année hydrologique 2021-2022, alors que la fin du mois a été marquée par une chute des températures et des premières précipitations conséquentes. L’année hydrologique 2021-2022 aura donc été caractérisée par une courte période de recharge en fin d’automne – début d’hiver et une longue sécheresse printanière et estivale. Après deux années précédentes plutôt humides, l’inertie des nappes a permis de limiter l’apparition de niveaux particulièrement bas dans certains secteurs, mais un certain déstockage a eu lieu et la situation à l’étiage 2022 est moins favorable, ce qui rendra d’autant plus importante la recharge 2022-2023.
A l’échelle du bassin Adour-Garonne, les précipitations du dernier mois étaient conformes à la normale pour un mois de septembre, à l’exception de la partie nord (Charentes, Dordogne, Lot, sud Limousin), toujours soumise à une sécheresse modérée. Toutefois, l’évapotranspiration reste conséquente et la recharge est donc encore limitée. Ainsi, les deux tiers (65%) des niveaux restent orientés à la baisse, mais le nombre de niveaux stables (25%) et en hausse (10%) est toutefois nettement plus conséquent que les mois précédents.
En matière d’IPS, les évolutions ont été très limitées puisque plus de trois quarts (77%) des indices IPS n’ont pas changé en septembre. Les changements, eux, s’équilibrent entre hausse et baisse d’une classe, avec toutefois un indicateur charentais qui a vu son IPS baisser de 2 classes.
La tendance des mois précédents, avec une majorité d’indicateurs présentant un niveau inférieur à la moyenne s’est confirmée en septembre (61%), une situation plus connue dans le bassin depuis le début d’automne 2019. Plus précisément, le mois de septembre est très semblable aux mois précédents et se caractérise par :

  • Un seul niveau haut et aucun niveau très haut ;
  • 13% de niveaux modérément hauts ;
  • 23% de niveaux proches de la moyenne, en hausse par rapport à août ;
  • 23% de niveaux modérément bas, en baisse par rapport à août ;
  • 39% de niveaux bas (16%) ou très bas (23%), en hausse par rapport à août.

Après deux années humides avec un étiage plutôt favorable, il faut remonter à 2019 pour voir des secteurs avec des niveaux aussi bas que pour ce mois de septembre 2022. A l’échelle du bassin, seule la situation à l’étiage 2017, année de mise en place de l’indicateur IPS, peut se comparer à la situation actuelle, même si les secteurs les plus problématiques à l’époque (aquifères calcaires du Crétacé et nappes alluviales de la Garonne amont et affluents) sont différents de ceux d’aujourd’hui.
Au niveau géographique, à l’image des mois précédents, la situation reste en effet proche de la moyenne pour toutes les nappes alluviales du bassin. Inversement, elle reste plus défavorable pour les calcaires karstifiés du Jurassique et le Plio-Quaternaire aquitain.

BSH AG 2022 09


Bilan Global IPS


Bilan Global Evol


BSH Compar IP 2022 09

Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Pour les aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois, les niveaux sont partout orientés à la baisse en septembre 2022.
En matière d’IPS, signe d’une décharge plutôt supérieure à la normale dans ce secteur encore soumis à une sécheresse modérée en septembre, l’indice a baissé d’une classe à Dignac (16, SE Angoulême, niveau désormais proche de la moyenne) et de deux classes à Saint-Agnant (17, Sud Rochefort, niveau désormais bas). Par ailleurs, le niveau reste très bas à Bourrou (24, SO Périgueux) et modérément bas à Mortagne-sur-Gironde (17, estuaire Gironde). A l’échelle du système aquifère  , la situation se rapproche donc de celle des aquifères calcaires karstifiés du Jurassique et de la nappe du Plio-Quaternaire aquitain.
A la fin du mois de septembre, les niveaux restent partout sous le niveau d’étiage moyen (HMNA) de 0,27 (Bourrou) à 1,34 m (Mortagne-sur-Gironde). La seule exception concerne le piézomètre de Dignac, où le niveau reste supérieur de 70 cm au HMNA.

Chroniques IG17

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne ont des niveaux orientés à la baisse sur 3 des 4 indicateurs au mois de septembre 2022, la seule exception concernant le piézomètre de Marcellus (47, Ouest Marmande), où le niveau stabilisé dès août, est désormais à la hausse.
En matière d’IPS, signe d’une évolution conforme à la normale, un seul changement est enregistré : l’indice du piézomètre de Marcellus gagne une classe pour un second mois consécutif et atteint un niveau proche de la moyenne. Cela est représentatif de l’aquifère puisque par ailleurs, les niveaux restent modérément bas à La Force (24, Ouest Bergerac), proches de la moyenne à Sauveterre-Saint-Denis (47, SE Agen) et modérément hauts à Latresne (33, SE Bordeaux).
Fin septembre, les niveaux restent partout proches du niveau d’étiage moyen (HMNA) à plus ou moins 14 cm.

Chroniques IG18

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
Pour les indicateurs ponctuels de la nappe du Plio-Quaternaire aquitain, les niveaux restent orientés à la baisse en septembre 2022 sur 3 des 4 indicateurs disposant de données, mais il s’est stabilisé au Temple (33, Ouest Bordeaux).
Quant à l’IPS, signe d’une évolution proche de la normale, il n’a changé que pour Le Temple, passant de modérément bas à proche de la moyenne. Cet indicateur reste une exception dans la nappe du Plio-Quaternaire, car les niveaux restent bas à Lanton (33, Ouest Bordeaux) et très bas à Ychoux (40, Sud bassin d’Arcachon) et Saucats (33, Sud Bordeaux).
Rappelons que pour ce dernier piézomètre, au battement saisonnier plus important que les autres, marqué par de très fortes baisses du niveau piézométrique   pendant l’été, l’IPS est systématiquement inférieur à la moyenne depuis la mise en place de cet indicateur début 2017, à l’exception de 7 mois en 2020 et 2021. Ces résultats suggèrent une tendance à la baisse sur la chronique, même si l’absence de données quotidiennes avant juin 2008 ne permet pas d’étayer mathématiquement cette analyse.
Fin septembre, le niveau y était donc inférieur au niveau d’étiage moyen (HMNA) de 1,8 m, en hausse toutefois de 70 cm par rapport à fin août. Sur les autres piézomètres, le niveau est resté sous le HMNA, de 1,5 (Le Temple) à 54 cm (Ychoux).

Chroniques IG19

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau sont les seules à ne pas voir leurs niveaux majoritairement orientés à la baisse puisqu’ils sont stables à Saint-Cricq-du-Gave (40, Ouest Orthez) et Tarsac (32, SE Mont-de-Marsan), en hausse à Laloubère (65, Sud Tarbes) et en baisse uniquement à Lafitole (65, Nord Tarbes).
En matière d’IPS, la situation est moins contrastée puisqu’une seule évolution est constatée, avec une hausse d’une classe sur le piézomètre de Laloubère, dont le niveau est désormais proche de la moyenne. Cela est représentatif de l’aquifère puisque par ailleurs, les niveaux restent modérément bas à Lafitole, proches de la moyenne à Tarsac et modérément hauts à Saint-Cricq-du-Gave.
Fin septembre, les niveaux restent supérieurs au niveau d’étiage moyen (HMNA) de respectivement 30 et 50 cm à Laloubère et Saint-Cricq-du-Gave. Ils repassent le HMNA de 3 cm à Tarsac, mais restent sous le HMNA de 17 cm à Lafitole.
Pour rappel, ce dernier piézomètre a un battement très limité du fait de son emplacement et présente aussi une chronique plus longue, incluant les années très humides de la première moitié des années 1990.

Chroniques IG20

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Pour les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, les niveaux restent partout orientés à la baisse en septembre 2022.
En matière d’IPS, les évolutions sont là aussi limitées à la portion congrue, puisque la seule évolution est enregistrée sur le piézomètre d’Ondes (31, Nord Toulouse), dont le niveau passe de modérément haut à haut en septembre. Ailleurs, les niveaux restent modérément hauts à Saint-Porquier (82, SE Castelsarrasin) et Saint-Elix (31, NE Cazères). Inversement, ils restent modérément bas à Bioule (82, Est Montauban), Les Barthes (82, Est Moissac) et au Fauga (31, Sud Muret), et même bas dans la vallée de l’Ariège, à Verniolle (09, Sud Pamiers). A l’échelle du système aquifère  , cela dessine un niveau d’ensemble proche de la moyenne, sans qu’aucun indicateur n’affiche ce niveau ni sans que des tendances locales se dessinent clairement.
Fin septembre, les niveaux restent supérieurs au niveau d’étiage moyen (HMNA) de 10 à 28 cm sur les 3 piézomètres au niveau modérément haut à haut. Inversement, sur les 4 piézomètres au niveau modérément bas à bas, ils sont inférieurs au HMNA de 12 à 16 cm.

Chroniques IG21

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Pour les aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, les niveaux sont majoritairement stables en septembre 2022, en particulier dans les Causses, dans la continuité du mois d’août. Seule la source de la Gourgue (82, Est Caussade) y voit son niveau orienté à la hausse. Inversement, en Charentes, les niveaux de Ballans (17, NO Angoulême) et Saint-Projet (16, NE Angoulême) restent orientés à la baisse.
En matière d’IPS, ici aussi, les évolutions sont très limitées, puisqu’elles se limitent au seul piézomètre de Ballans, qui voit son niveau passer de bas à très bas. Ce niveau très bas caractérise donc le mois de septembre des 3 piézomètres charentais ainsi que celui de la source de Lantouy (12, est Cahors). Pour la Gourgue et le ruisseau du Blagour de Souillac (46, Nord Souillac), les niveaux restent bas, signe d’une situation guère plus favorable pour les Causses du Quercy. La situation est meilleure pour les sources des Grands Causses, ou les niveaux restent modérément bas pour le ruisseau des Bardels (12, Nord Rodez) et proches de la moyenne pour la source du Cernon (12, Sud Millau).
Dans les Causses, les niveaux sont toujours proches du niveau d’étiage moyen (HMNA), mais systématiquement en-dessous de quelques mm à 3 cm à fin septembre, à la seule exception de la Gourgue, qui dépasse le HMNA de 4 cm à la faveur de précipitations en toute fin de mois. Dans les Charentes, pour ces piézomètres au fort battement, les niveaux restent également sous le HMNA en septembre, de 1,05 m à Ruffec, 2 m à Ballans et 7,8 m à Saint-Projet, dont le battement est le plus considérable des trois, même si la baisse est beaucoup plus limitée en septembre que sur les deux mois précédents.

Chroniques IG22N


Chroniques IG22S

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er octobre 2022 (liens actifs quelques jours après la publication de cet article).
Le bulletin et la carte nationale au format PDF sont téléchargeables en bas de la page indiquée dans le lien.

Pour rappel vous pouvez consulter le BSH du bassin Rhône-Méditerranée sur le SIE.

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